En octobre 1949, la Direction Technique et Industrielle de l’Aéronautique et le Service de l’aviation Légère et Sportive commandent à Maurice Brochet deux prototypes.
Ce sont des appareils destinés à être reproduit par les constructeurs amateurs et les ateliers de club.
Tous deux dérivant directement de la « Barbastelle », le premier construit est le MB 70 équipé d’un petit moteur Salmson en étoile de 45 CV.
 


C’est un monoplan, parasol. Le pilote et son passager qui prennent place en tandem dans une cabine fermée disposent d’une double-commande de série.

Les deux portes latérales relevables verticalement donnent un accès et une sortie faciles et permettent l’été par simple dépose, le pilotage à l’air libre.
 


La grande capacité des réservoirs ( 70 litres ) jointe à la faible consommation (14 litres- heure) assure une autonomie de 5 heures de vol soit environ 600 km au régime de croisière et en font l’appareil idéal et sûr pour le tourisme et l’école.
 


Le samedi 28 janvier 1950, après midi, sur le terrain de Chavenay, le brouillard assez épais n’empêche pas son premier vol avec le pilote André Deschamps.
 



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Le MB 70 vole sur le terrain de Toussus le Noble au compte de l’Association Parisienne de l’Aviation Légère (A.P.A.L.)

Equipé d’un moteur Minié 75 CV, le MB 70 devient MB 71. Le premier vol a lieu le vendredi 7 avril 1950 avec le pilote André Deschamps. Tour à tour, les ingénieurs Badez, Briffaut et l’hélicier Merville prennent les commandes de l’appareil. Il totalise plus de 2 heures de vol lors de cette première journée.
 


Ces deux avions répondant à un marché d’Etat subissent au Centre d’Essais en Vol de Brétigny, de sévères conditions de réception. Rien ne fut négligé pour les éprouver en totalité : ressources, survitesse, décrochages, qualité de vol, températures, traction d’hélice, etc.

Tous deux obtiennent sans difficulté en mai et juillet 1950 leur certificat de navigabilité normal
 


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Le 10 juin 1951, le MB 71 est prêté par le S.A.L.S. au R.S.A. de Lyon pour des essais en utilisation pratique. Le 23 juillet après une trentaine d’heures de vol sans ennuis de la part de la cellule, le R.S.A. de Lyon félicite Maurice Brochet pour la réalisation de cet appareil et lui donne quelques conseils pour son amélioration.
 

     

   


Dans le domaine aéronautique, Maurice Brochet travaille aussi pour Fred Nicole, grand as de l’acrobatie.

C’est Fred Nicole qui m’a fait connaître Maurice Brochet écrit Guy Michelet dans « Les Ailes » du 2 avril 1949.

« Venez avec moi demain je vous ferai connaître Maurice Brochet. Vous verrez, c’est un homme sympathique et s’il ne fait pas beaucoup de bruit, il travaille admirablement. » Je savais qu’il était le père de la « Pipistrelle » et que cet appareil présentait à la fois de bonnes qualités de vol, une construction robuste et des moyens relativement modestes. Je ne voyais pas en quoi cela pouvait intéresser le grand pilote de voltige aérienne qu’est Fred Nicole, pas plus que je ne comprenais pourquoi il s’adressait à moi pour juger des capacités de Maurice Brochet.

Donc, je suis monté à Neauphle le Château, conduit par Fred Nicole à une allure terrifiante, mais en toute sécurité.

Maurice Brochet possède certainement l’un des plus petits ateliers de l’industrie aéronautique. Pourtant dans les deux étages qui constituent toute sa surface couverte, se trouve rassemblée une foule de choses intéressantes. Ce qui frappe le regard tout d’abord, c’est le nouveau biplace. La cellule est montée et l’on reconnaît d’emblée les lignes familières. Il reste à recouvrir la voilure, à terminer l’installation de la cabine et à réaliser l’installation du moteur. La construction est extrêmement classique, sans astuce révolutionnaire, mais tout a été réalisé avec le plus grand soin. L’avion est ramassé et il donne une grande impression de robustesse. ( il s’agit du MB 60 )

Toujours au rez de - chaussée, un autre appareil attire les regards, bien qu’il soit démonté – mais comment le logerait-on autrement dans l’atelier ? C’est le planeur d’acrobatie « Habicht » qu’utilise justement Fred Nicole pour ses démonstrations de virtuosité. C’est quinze ans après la sortie de ce modèle, ce qui existe encore de mieux dans la catégorie et le fait que sa révision ait été confiée à Maurice Brochet indique suffisamment la qualité du travail de celui -ci.

Derrière le « Habicht » se trouve une carcasse en bien piteux état, faite de tubes très minces recouverts de lambeaux de toile d’un vert sale. Qui croirait que de cet amas métallique va sortir un avion rutilant qui servira aux démonstrations acrobatiques de Fred Nicole.

Pour se mesurer à armes égales aux champions d’Outre atlantique, Fred Nicole a fini par trouver ce dont il rêvait , sous la forme des débris d’un « Bucker Jungmeister ». Mais il fallait un magicien pour remettre en état ce qui n’était que ruines.

Mais je n’ai rien vu jusqu’ici que le fuselage sur lequel aucun travail n’a encore été effectué. Dans la salle supérieure, deux ouvriers travaillent sur des planeurs en réparation pour le compte du S.A.L.S. Cela est effectué avec goût et conscience, mais ce qu’il faut voir ce sont les ailes reconstituées du Bûcker de Nicole. C’est un travail d’art, c’est le chef-d’œuvre des maîtres artisans. Le travail du maître- longeron en particulier est absolument remarquable.

La reconstruction du Bucker BU 133 C s’achève en 1951. Le certificat de navigabilité n° 18703 est délivré le 21 mai 1951. Immatriculé F-BBRI, l’avion n’a rigoureusement rien perdu des qualités du modèle original.
 


Le 9 septembre 1951 au Meeting National de Cannes, le champion de voltige aérienne Fred Nicole effectue en rase-mottes sur le dos un sillon d’écume dans la mer méditerranée avec la dérive de son Bucker F-BBRI.

Le 19 septembre 1951, Fred Nicole adresse à Maurice Brochet la lettre suivante :
 




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Le but de Maurice Brochet est de concevoir des avions faciles à construire, mais en raffinant son MB 70, il parvient à mettre au point un avion d’entretien aisé. Ces qualités ne passent pas inaperçues du S.A.L.S. qui demande la réalisation de 10 appareils afin de les répartir dans les aéroclubs.

Maurice Brochet, entouré d’une équipe réduite mais sélectionnée passe du domaine amateur au domaine artisanal et toute l’expérience acquise sur les 2 prototypes est mise à profit sur le MB 80 triplace.
 


Le MB 80 est une amélioration du MB 71. Pour le confort, le fuselage a été élargi de10 cm. Le train d’atterrissage est maintenant monojambe, l’amortisseur à lames de ressort d’automobiles étant placé à l’intérieur du fuselage.

A Chavenay, le MB 80 N°1 immatriculé F-BGLA accomplit son premier vol le 4 octobre 1951 avec le Chef-pilote André Deschamps
 


 



 


Le S.A.L.S. a fait un choix judicieux écrit Jacques Noetinger dans Aviation Magazine du 1er novembre 1951, en passant une commande de dix exemplaires à Maurice Brochet car cet avion est vraiment ce que peut souhaiter piloter un élève pilote désireux de bien apprendre et de se perfectionner dans l’art du pilotage.
 


Le prototype quitte le Centre d’Essais en Vol de Brétigny le 6 juin 1952 avec son certificat de navigabilité.

Cette même année 1952, l’ingénieur Raymond Jarlaud et le chef-pilote Paul Lepanse ont tentés à la Ferté - Alais, ceci en 2 vols différents et après de nombreux essais dans tous les cas de vol même en virage dérapé de mettre en vrille un avion du type MB 8O, ils n’y sont pas parvenus.
 

 


Lettre de Léon Lacroix à Maurice Brochet .
 

 Amateur de Villeneuve sur Lot, Léon Lacroix réalise seul, en 1936, un avion léger puis avec le Docteur Barret de Nazaris plusieurs autres d’une conception inspirée en partie de celle du « Pou ».